PGP dans vos e-mails, même avec Gmail

Le tutoriel précédent (T05 — boîte mail : Gmail vs Proton Mail) vous a montré que vos e-mails dorment chez un hébergeur et que le chiffrement de bout en bout n'est pas automatique. Ce tutoriel répond à ceux qui ne veulent pas quitter Gmail : PGP chiffre le contenu de vos messages chez vous, avant l'envoi, quel que soit l'hébergeur de votre correspondant. Nous l'utilisons ici avec Mailvelope, une extension de navigateur libre et gratuite pour Gmail, dont la documentation officielle en français couvre chaque étape — vérifiée le 7 septembre 2026 et re-vérifiée le jour de la publication. Sans jargon, sans promesse magique, et avec les limites dites noir sur blanc : PGP protège le contenu, pas l'enveloppe.

⏱ 25 à 35 min (installation comprise) Niveau : débutant — aucun prérequis technique Compte requis : un compte Gmail (aucun compte Mailvelope à créer) Appareils : ordinateur d'abord (Chrome, Edge ou Firefox) — téléphone : limites en section 5

1. Pourquoi ce tutoriel

Dans T05, ce site vous a expliqué ce qu'est une boîte mail et ce qui distingue Gmail de Proton Mail. Le point central : vos e-mails ne dorment pas chez vous. Ils transitent et sont stockés chez des hébergeurs — celui de votre fournisseur, puis celui de votre correspondant. Le chiffrement automatique des e-mails protège le transport (le protocole TLS, que Gmail applique « automatiquement » à tous les messages selon sa page d'aide officielle), mais il ne protège pas le contenu une fois le message arrivé chez l'hébergeur du destinataire. Et le chiffrement de bout en bout de Proton Mail ne s'applique pas, par défaut, quand votre correspondant est chez Gmail — c'était la limite posée noir sur blanc dans T05.

Ce tutoriel donne la réponse pour ceux qui gardent Gmail : reprendre la main sur le contenu de ses propres messages. L'idée tient en une phrase : chiffrer le message chez vous, avant qu'il ne parte, avec un outil qui vit dans votre navigateur. Une fois l'outil installé, ce qui dort chez Google n'est plus votre texte lisible, mais un texte chiffré que Google ne peut pas lire — parce que le chiffrement a eu lieu côté client, avant l'envoi. L'outil que nous utilisons ici, Mailvelope, l'écrit dans sa foire aux questions officielle : « le chiffrement et le déchiffrement sont traités localement (sur votre ordinateur) » et vos e-mails chiffrés « ne peuvent être lus par qui que ce soit, à moins d'avoir votre clé privée ».

Une condition, et une limite, à connaître avant de commencer. La condition : PGP ne fonctionne qu'à deux bouts. Pour vous écrire un message chiffré, votre correspondant doit lui aussi avoir un outil PGP et votre clé publique ; pour que vous puissiez lui écrire en chiffré, il faut sa clé publique à lui. La limite : PGP protège le contenu (le corps du message et les pièces jointes), pas l'enveloppe — l'objet, l'expéditeur, le destinataire, la date restent visibles des serveurs qui transportent le courrier. La section 3 pose ces bornes en détail, et la section 5 vous dit comment inviter un proche à faire ce tutoriel pour échanger avec lui.

2. PGP, c'est quoi ?

Le problème. L'e-mail est une carte postale. Quand vous envoyez un e-mail, des serveurs intermédiaires le transportent, puis il dort dans la boîte du destinataire. Le protocole TLS protège le trajet (comme une enveloppe fermée pendant le transport) ; mais une fois arrivé, le message est stocké — souvent en clair pour l'hébergeur — chez le fournisseur du destinataire, et il a transité en clair chez votre fournisseur à vous. La carte postale est lisible par ceux qui la manipulent.

La réponse. PGP (Pretty Good Privacy, « plutôt bonne confidentialité ») est une méthode historique pour chiffrer le contenu d'un e-mail soi-même, sur son propre appareil, avant l'envoi. La norme ouverte qui lui a succédé s'appelle OpenPGP ; le logiciel de référence qui l'implémente s'appelle GnuPG. Les outils grand public comme Mailvelope utilisent OpenPGP sans que vous ayez à toucher à la technique.

La paire de clés : un cadenas ouvert et une clé secrète

PGP repose sur une paire de clés, deux éléments mathématiquement liés, créés ensemble lors de l'installation :

Chiffrer n'est pas signer. Chiffrer rend le message illisible pour les autres. Signer prouve que le message vient bien de vous et n'a pas été modifié — comme une signature au bas d'une lettre. Un message peut être chiffré, signé, les deux, ou aucun des deux. Mailvelope recommande de signer les courriels chiffrés, « car cela prouve l'origine du courriel » (FAQ officielle). Dans ce tutoriel, nous suivons sa recommandation, sans en faire une étape séparée : la signature est gérée par l'outil au moment de l'envoi.

Ce qui se passe concrètement chez Gmail, une fois l'outil installé

Avec Mailvelope, le chiffrement a lieu dans votre navigateur, sur votre ordinateur, avant que le message ne parte chez Google. Ce que Google reçoit et stocke, c'est le message chiffré — du texte illisible sans votre clé privée et votre phrase secrète. La FAQ officielle de Mailvelope le dit : « Quand vous rédigez un courriel chiffré dans l'éditeur Mailvelope, vos données restent sur votre ordinateur et ne sont jamais ni stockées ni analysées, que ce soit par Mailvelope ou par votre service de courriel Web. » Et : « tous vos courriels envoyés ou reçus avec Mailvelope sont stockés sous forme chiffrée par votre service de courriel Web et ne peuvent être lus par qui que ce soit, à moins d'avoir votre clé privée ».

Attention à bien comprendre cette phrase. Elle parle du contenu. L'enveloppe, elle, reste visible : l'expéditeur, le destinataire, la date, la taille du message — et l'objet, le « Subject », qui n'est pas chiffré par Mailvelope (la documentation officielle le dit noir sur blanc, voir section 3). Google continue donc de voir à qui vous écrivez, quand, et que le message est chiffré — mais pas ce que dit le message. C'est précisément la nuance que ce tutoriel vous demande de retenir.

3. Ce que PGP fait — et ce que PGP ne fait pas

Pour éviter tout sentiment de protection faux, voici les bornes explicites. Chaque ligne repose sur les sources officielles datées de la section 9 (documentation Mailvelope en français, pages officielles Google, OpenPGP et GnuPG — consultées le 7 septembre 2026).

Ce que PGP faitCe que PGP ne fait pas
Protège le contenu : le corps du message et les pièces jointes sont chiffrés avant l'envoi, côté client. Ce qui dort chez l'hébergeur (y compris chez Google) est du texte chiffré, illisible sans la clé privée du destinataire. Ne protège pas l'objet ni les métadonnées par défaut : l'expéditeur, le destinataire, la date, la taille — et l'objet du message — restent visibles des serveurs qui transportent et stockent le courrier. La documentation officielle de Mailvelope le dit explicitement : « N'indiquez pas de renseignements confidentiels dans le champ Objet. Mailvelope ne chiffre que le corps du courriel et les fichiers joints le cas échéant. »
Marche avec tout outil compatible OpenPGP : Mailvelope « peut communiquer non seulement avec d'autres utilisateurs de Mailvelope, mais aussi avec quiconque utilise un logiciel compatible avec la norme PGP » (FAQ officielle) — à condition d'avoir échangé les clés publiques (section 5). Nécessite un correspondant équipé : sans outil PGP chez votre correspondant — et sans sa clé publique — aucun e-mail chiffré n'est possible vers lui. Il n'y a pas de « bouton magique » qui chiffrerait vers quelqu'un qui n'a rien installé (la documentation Mailvelope ne décrit aucun mécanisme de ce type ; c'est le cas général d'OpenPGP).
Protège le contenu stocké chez l'hébergeur : la clé privée ne quitte pas votre appareil (« votre clé privée ne quitte jamais votre ordinateur », FAQ officielle) ; même Google ne détient pas de moyen de déchiffrer ce que Mailvelope a chiffré. Ne protège pas contre la perte de la clé ou de la phrase secrète : clé privée perdue, ou phrase secrète oubliée = vos anciens messages chiffrés deviennent illisibles pour toujours. « Mailvelope ne peut pas récupérer votre mot de passe », et les clés ne sont stockées que localement dans le navigateur. Ni Google, ni Mailvelope, ni personne ne peut déchiffrer à votre place : c'est précisément le principe. D'où la sauvegarde (section 5).
Permet de vérifier que la clé est bien celle de votre correspondant grâce à l'empreinte (fingerprint), une « somme de contrôle à 40 chiffres » comparée par un canal séparé (FAQ officielle). Ne protège pas contre une fausse clé publique : si vous chiffrez avec la clé d'un attaquant (interceptée ou usurpée), c'est l'attaquant qui déchiffre. D'où la vérification de l'empreinte par téléphone, message ou de vive voix avant de faire confiance à une clé (section 5).
Usage libre, ouvert et courant : Mailvelope est une extension « libre » au code source accessible publiquement (page officielle), développée depuis 2012 et soutenue par des audits de sécurité indépendants (FAQ officielle). Ne protège pas contre un appareil compromis : la FAQ officielle le rappelle — « si l'un des ordinateurs, d'un côté ou de l'autre, n'est pas sécurisé (par exemple, en raison d'un manque de mise à jour du système d'exploitation ou du navigateur), le chiffrement est également menacé ». Un logiciel espion sur votre machine lit ce que vous lisez. Et une phrase secrète volée par hameçonnage ouvre vos messages comme la vôtre.
Est compatible avec le cadre légal français et européen : le secret des correspondances protège le courrier électronique (article 226-15 du code pénal, Légifrance), et ce tutoriel décrit l'usage d'outils courants pour chiffrer ses propres messages — dans le cadre de la loi. N'est ni un VPN, ni un outil d'anonymat : PGP ne change pas votre adresse IP, ne masque pas votre activité sur les sites, et n'empêche pas votre fournisseur d'accès de voir que vous échangez des e-mails avec telle personne à tel moment. Les métadonnées restent visibles (voir ligne 1). « Anonyme » ne doit jamais être confondu avec « chiffré ».
À ne pas croire. Il n'existe pas d'e-mail « inviolable ». PGP ne rend pas vos messages « anonymes », ne cache pas votre activité à votre fournisseur d'accès, et ne protège pas un appareil déjà compromis. Et rappelez-vous : Google voit l'enveloppe — à qui vous écrivez, quand, et que le message est chiffré. Ce que PGP change, c'est le contenu : ce que dit le message n'est plus lisible par l'hébergeur. C'est déjà beaucoup — mais ce n'est pas tout.
Cadre légal. Le courrier électronique est protégé par le secret des correspondances : l'article 226-15 du code pénal (Légifrance, version en vigueur depuis le 1er août 2020) punit le fait d'« intercepter, de détourner, d'utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie électronique ». Chiffrer ses propres e-mails — protéger le contenu de messages que vous envoyez à des destinataires consentants — est un usage courant d'outils libres et ouverts, en France et dans l'Union européenne. Ce tutoriel est pédagogique : il ne contient aucune incitation à l'usurpation d'identité, à la fraude ou au contournement d'obligations légales, et il ne sert pas à masquer des activités illégales (voir la fin de la section 8).

4. Avant de commencer

Le parcours principal de ce tutoriel se déroule sur ordinateur, dans un navigateur — c'est ce que couvre la documentation officielle de Mailvelope, et c'est là que tout est le plus simple. Il vous faut :

Ce qu'il faut décider avant de créer votre clé

Ce tutoriel ne crée aucun compte supplémentaire. La version « particuliers » de Mailvelope est gratuite et s'installe directement dans le navigateur, sans inscription ni abonnement (guide officiel « Mailvelope pour particuliers », en français). La seule « confirmation » demandée est celle de votre adresse e-mail auprès du serveur de clés public de Mailvelope, pour que les autres puissent trouver votre clé publique (étape 5.4).

5. Le pas à pas avec Mailvelope

Les étapes ci-dessous suivent la documentation officielle en français de Mailvelope (guide « Mailvelope pour particuliers : premiers pas » et foire aux questions, consultés le 7 septembre 2026). Les libellés entre guillemets sont ceux de cette documentation. Nous n'avons pas pu exécuter ces étapes sur un poste de test le jour de la rédaction : chaque étape est marquée « non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026 » lorsque cela s'applique.

5.1 Installer l'extension, sur ordinateur

  1. Ouvrez votre navigateur habituel — Chrome, Edge ou Firefox (ou un navigateur bâti sur l'un d'eux). Vérifiez que vous êtes bien connecté au compte Google que vous voulez utiliser.
  2. Installez l'extension « Mailvelope » depuis le store officiel correspondant à votre navigateur, en suivant les liens donnés par la documentation officielle de Mailvelope : Chrome Web Store (page « Mailvelope - Secure your email with PGP », extension kajibbejlbohfaggdiogboambcijhkke), module « Mailvelope » d'addons.mozilla.org pour Firefox (éditeur affiché : Mailvelope GmbH), ou boutique des modules Microsoft Edge. Fichez bien l'éditeur : Mailvelope GmbH, entreprise allemande qui développe l'extension depuis 2012 (FAQ officielle).
  3. Acceptez la demande d'autorisations que le navigateur affiche à l'installation (Mailvelope demande à « lire et modifier les données de tous les sites Web »). La FAQ officielle explique pourquoi : l'extension doit chercher les courriels chiffrés sur les sites autorisés (dont Gmail) et pouvoir y ajouter ses boutons. Précision utile, documentée par Mailvelope : dans Chrome, vous pouvez restreindre cet accès à Gmail seul — Paramètres > Extensions > « Détails » (sur Mailvelope) > « Accès au site » > « Sur des sites spécifiques », puis ajouter https://mail.google.com/. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  4. Ouvrez Gmail (mail.google.com) et rechargez la page : l'extension est prête quand son icône apparaît dans la barre du navigateur (guide officiel : « L'icône de Mailvelope se trouve dans le coin supérieur droit de votre navigateur »).

5.2 Créer votre paire de clés

  1. Cliquez sur l'icône Mailvelope dans le coin supérieur droit du navigateur : l'écran de configuration s'ouvre. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  2. Choisissez « Générer une clé » (et non « Importer des clés », réservé à ceux qui ont déjà une clé PGP ailleurs).
  3. Saisissez les champs demandés, dans l'ordre décrit par le guide officiel : votre nom (ou un pseudonyme), puis l'adresse Gmail que vous voulez utiliser — votre nouvelle clé y sera associée — puis une phrase de passe robuste et unique. La documentation recommande de l'écrire sur papier ou de l'enregistrer dans un gestionnaire de mots de passe, car « Mailvelope n'enregistre pas votre mot de passe » et ne peut pas le récupérer.
  4. Une fois la clé créée, Mailvelope confirme et affiche votre nouvelle clé dans l'écran « Gestion des clés ». Votre paire est prête : une clé publique (à distribuer) et une clé privée (à garder secrète), toutes deux protégées par votre phrase secrète.

5.3 Où vit votre clé privée — et pourquoi la sauvegarder tout de suite

Point crucial, dit par la documentation officielle : Mailvelope n'enregistre les clés que localement, dans le dossier du navigateur sur votre ordinateur — « votre clé privée ne quitte jamais votre ordinateur ». Conséquence directe : si vous désinstallez l'extension ou si le navigateur est réinitialisé, le magasin de clés disparaît avec lui (FAQ « Où mes clés sont-elles stockées ? »). La sauvegarde n'est donc pas une option : c'est le seul moyen de retrouver vos anciens messages chiffrés après un changement d'ordinateur ou de navigateur.

  1. Juste après la création de la clé, cliquez sur le bouton « Créer une sauvegarde » que la documentation recommande d'utiliser « dès maintenant ». Une copie de vos clés est enregistrée dans le dossier Téléchargements de votre ordinateur, sous forme de fichier .asc.
  2. Déplacez ce fichier dans un endroit sûr : le guide officiel suggère « une clé USB ou un gestionnaire de mots de passe ». Ne le laissez pas dans Téléchargements, ne l'envoyez jamais par e-mail, ne le mettez jamais sur un service de stockage en ligne sans protection.
  3. Retenez, notez, la phrase secrète dans le même endroit sûr — séparément si possible. La FAQ officielle prévient : « même si vous sauvegardez votre clé privée, elle sera inutile sans son mot de passe ». (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)

5.4 Confirmer votre adresse sur le serveur de clés de Mailvelope

Mailvelope propose un serveur de clés public : un annuaire où les utilisateurs déposent leur clé publique pour que les autres la trouvent automatiquement. Par défaut, une clé nouvellement générée y est téléversée automatiquement, puis Mailvelope vérifie que l'adresse vous appartient vraiment — c'est ce qui permet à votre correspondant de vous écrire en chiffré sans échanger de fichier.

  1. Après la création de la clé, ouvrez votre boîte Gmail : vous y trouverez un courriel chiffré dont l'objet est « Confirmer votre adresse courriel », envoyé par le serveur de clés de Mailvelope. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  2. Ouvrez ce courriel dans Gmail, sur le même ordinateur et le même navigateur où Mailvelope est installé (le guide officiel le précise : « pas sur un autre appareil, car le courriel est chiffré »). Mailvelope l'affiche comme une enveloppe scellée : cliquez dessus et saisissez la phrase secrète de votre clé pour le déchiffrer.
  3. Une fois le courriel en clair, cliquez sur le lien de vérification qu'il contient. Votre clé publique est désormais « cataloguée par le serveur de clés de Mailvelope » : d'autres utilisateurs de Mailvelope la trouveront automatiquement en saisissant votre adresse.
  4. Si vous aviez décoché l'option « Téléverser la clé publique vers le serveur de clés de Mailvelope » lors de la création, ou si vous avez importé une clé existante : ouvrez « Gestion des clés », cliquez sur votre clé, puis sur le bouton « Synchroniser » qui s'affiche, et répétez la confirmation par courriel. (FAQ officielle, « Devrais-je téléverser ma clé sur le serveur de clés de Mailvelope ? ».)

5.5 Envoyer votre premier e-mail chiffré — testez d'abord sur vous-même

Le meilleur premier essai est un e-mail chiffré envoyé à vous-même : vous êtes à la fois l'expéditeur et le destinataire, et vous vérifiez que la boucle chiffrement → envoi → réception → déchiffrement fonctionne avant d'impliquer qui que ce soit.

  1. Dans Gmail, cliquez sur le bouton Mailvelope qui apparaît à côté du bouton de rédaction de Gmail (guide officiel : « un bouton Mailvelope apparaît à côté du bouton de rédaction de Gmail. Si ce n'est pas le cas, rechargez la page de votre boîte de réception Gmail »). L'éditeur Mailvelope s'ouvre : c'est dans cette fenêtre que le chiffrement aura lieu, sur votre ordinateur. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  2. La première fois, Google affiche une alerte de sécurité intitulée « Utilisation de l'API Gmail » : connectez-vous à votre compte Google et accordez à Mailvelope les autorisations demandées. La FAQ officielle explique ce que cette intégration permet : insérer le texte chiffré dans le corps du courriel, demander à Gmail d'envoyer le message, afficher un courriel pour le déchiffrer. Mailvelope précise que ses accès et vos données restent sur votre appareil et que son code est public (voir section 9). Ne saisissez jamais votre phrase secrète dans cette fenêtre Google : elle ne sert qu'à autoriser l'extension à travailler dans Gmail.
  3. Dans l'éditeur Mailvelope, saisissez votre propre adresse Gmail dans le champ du destinataire. Si votre clé est bien sur le serveur de clés (étape 5.4), l'adresse devient verte : la clé publique est trouvée. Une adresse rouge signifie que Mailvelope ne trouve pas de clé — dans ce cas, importez la clé (voir 5.7).
  4. Rédigez votre message d'essai, ajoutez éventuellement un fichier joint (le guide officiel précise que « les fichiers joints seront également chiffrés »), puis cliquez sur « Envoyer ».
  5. Objet : restez prudent. La documentation officielle de Mailvelope est formelle : « N'indiquez pas de renseignements confidentiels dans le champ Objet. Mailvelope ne chiffre que le corps du courriel et les fichiers joints le cas échéant. » Pour votre test, un objet neutre comme Test PGP suffit.
  6. Vérifiez que le message est bien arrivé dans votre boîte de réception, puis passez à l'étape 5.6 pour le déchiffrer. S'il s'affiche comme une enveloppe scellée, tout fonctionne.

5.6 Recevoir et déchiffrer un e-mail chiffré

  1. Dans votre boîte Gmail, un e-mail chiffré s'affiche d'abord comme une enveloppe scellée. Cliquez dessus : Mailvelope ouvre une fenêtre de demande de mot de passe. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  2. Saisissez la phrase secrète de votre clé privée : le message est déchiffré et affiché en clair, dans le cadre de l'extension. Sans la bonne clé privée et la bonne phrase secrète, le message reste illisible.
  3. Pour répondre en chiffré, utilisez la flèche rouge que Mailvelope ajoute dans le courriel déchiffré (guide officiel) : elle rouvre l'éditeur Mailvelope avec le destinataire déjà renseigné.
  4. Si le déchiffrement échoue avec l'erreur « Aucune clé privée n'a été trouvée pour ce courriel », c'est que la clé privée correspondant à la clé publique utilisée par l'expéditeur n'est pas dans votre porte-clés (FAQ officielle — voir section 7).

5.7 Échanger avec un correspondant équipé : clés publiques et empreinte

Deux cas, tous deux documentés par la FAQ officielle :

  1. Exporter votre clé publique : ouvrez le menu principal de Mailvelope, puis « Porte-clés », cliquez sur votre clé, puis sur le bouton « Exporter ». Choisissez « Publique » (par défaut) et cliquez sur « Enregistrer » : votre clé publique est enregistrée dans votre dossier Téléchargements, sous forme de fichier .asc. Ce format « peut être importé dans n'importe quel logiciel qui utilise le protocole PGP » (FAQ officielle). N'exportez jamais votre clé privée pour l'envoyer : « ne partagez pas votre clé privée ! »
  2. Envoyez ce fichier à votre correspondant par le canal que vous voulez (un e-mail en clair, une messagerie, une clé USB…) : une clé publique n'est pas secrète. Demandez-lui en retour sa clé publique, en fichier .asc ou en texte copié-collé.
  3. Importer la clé publique de votre correspondant : menu principal > « Porte-clés » > « Importer ». Deux options documentées : choisir le fichier .asc sur votre ordinateur, ou coller le texte de la clé depuis le presse-papiers (en incluant les lignes -----BEGIN PGP PUBLIC KEY BLOCK----- et -----END PGP PUBLIC KEY BLOCK-----). Au moment d'importer, Mailvelope affiche les détails techniques de la clé, « dont l'identifiant et l'empreinte » : prenez le temps de les lire.
  4. Vérifier l'empreinte par un canal séparé — l'étape qui fait la différence. L'empreinte PGP est « la somme de contrôle ('hachage') à 40 chiffres d'une clé » (FAQ officielle). Avant de faire confiance à la clé importée, comparez son empreinte avec votre correspondant par un canal différent de celui qui a servi à l'échanger : un appel téléphonique, un message sur une autre messagerie, ou de vive voix. La FAQ officielle donne exactement cet exemple : « en comparant, par exemple, l'empreinte PGP lors d'un appel téléphonique, l'autre personne et vous pouvez confirmer la validité d'une clé ». Si les deux empreintes correspondent, la clé est bien la sienne. Si elles diffèrent, la clé a été modifiée ou interceptée : n'écrivez à personne avec cette clé. (Étape non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026.)
  5. Une fois la clé importée et l'empreinte vérifiée, l'adresse de votre correspondant devient verte dans l'éditeur Mailvelope : vous pouvez lui envoyer un e-mail chiffré comme à vous-même (5.5).

5.8 Sur téléphone et tablette (Android, iPhone/iPad) : ce que dit la documentation

Réponse honnête, tirée de la FAQ officielle de Mailvelope : à ce jour, Mailvelope ne fonctionne pas sur téléphone ou tablette. « Utiliser Mailvelope sur des appareils mobiles avec les systèmes d'exploitation Android ou iOS n'est pas possible pour l'instant. Les navigateurs mobiles ont actuellement des restrictions qui empêchent la prise en charge de l'extension Mailvelope. » Le parcours de ce tutoriel se déroule donc sur ordinateur — c'est ce que la documentation couvre.

La même FAQ ajoute que « plusieurs clients de courriel prennent en charge la norme OpenPGP » sur Android et iOS (elle cite Thunderbird mobile combinée à OpenKeychain, FairEmail, iPGMail et Canary Mail), et que Mailvelope permet d'exporter et d'importer vos clés pour les utiliser dans ces applications. Nous ne déroulons pas ici de pas à pas pour ces applications : leur documentation n'a pas été vérifiée le jour de la rédaction, et la doctrine de ce site est de ne jamais publier d'étapes non vérifiées. La FAQ officielle met aussi en garde : « l'utilisation de PGP sur votre appareil mobile comporte des risques de sécurité supplémentaires » — notamment sur les appareils Android dont les mises à jour du système sont souvent retardées.

En clair : ce tutoriel vous équipe sur ordinateur. Si vous lisez vos e-mails surtout sur téléphone, vous pouvez chiffrer depuis l'ordinateur et continuer à recevoir vos messages chiffrés sur le téléphone… en vous souvenant qu'ils y seront stockés et qu'un appareil non mis à jour augmente les risques — c'est la limite posée par la documentation officielle elle-même.

6. Tester à deux

Un chiffrement qui n'a jamais été testé à deux n'est pas un chiffrement : c'est une hypothèse. Voici l'ordre recommandé, entièrement fondé sur les étapes documentées de la section 5.

  1. Testez sur vous-même d'abord (5.5 puis 5.6) : envoyez-vous un e-mail chiffré et déchiffrez-le. Si la boucle fonctionne sur votre propre machine, l'outil est correctement installé.
  2. Équipez un proche. Envoyez-lui ce tutoriel, ou demandez-lui d'installer Mailvelope (5.1) et de suivre les étapes 5.2 à 5.4. S'il utilise déjà un autre logiciel OpenPGP, passez directement à l'étape suivante.
  3. Échangez les clés publiques (5.7), ou vérifiez simplement que son adresse devient verte dans votre éditeur si vous êtes tous les deux sur Mailvelope.
  4. Vérifiez l'empreinte par un canal séparé — un appel, un message, de vive voix — avant d'écrire quoi que ce soit de sensible. C'est l'étape qui protège contre une fausse clé.
  5. Échangez un premier message chiffré : écrivez-lui un message chiffré, demandez-lui de vous répondre en chiffré, et déchiffrez sa réponse. Félicitations : vous venez de tester le seul scénario qui compte, celui où les deux bouts sont équipés.

Et si votre correspondant n'a pas PGP du tout ? Réponse sans détour : tant qu'il n'a ni outil ni clé publique, vous ne pouvez pas lui écrire de message chiffré — le chiffrement exige sa clé publique, et Mailvelope ne décrit aucun mécanisme pour chiffrer vers quelqu'un qui n'a rien installé. Vous pouvez continuer à lui écrire en clair avec la rédaction normale de Gmail, ou l'inviter à faire ce tutoriel. Ce que verrait un destinataire totalement dépourvu d'outil s'il recevait quand même un message chiffré n'est pas décrit par la documentation officielle de Mailvelope : nous ne l'affirmons donc pas ici.

7. Si ça coince

Question / situationRéponse honnête (documentation officielle du 07/09/2026)Ce qu'il faut faire
« J'ai oublié ma phrase secrète » Mailvelope ne peut pas la récupérer : « tout message qui vous est envoyé en utilisant cette clé publique ne peut plus être déchiffré » (FAQ officielle). Aucun tiers — ni Google, ni Mailvelope — ne peut déchiffrer à votre place. Supprimez l'ancienne clé (y compris du serveur de clés de Mailvelope si elle y a été téléversée), générez une nouvelle paire de clés, et prévenez vos correspondants « dès que possible » que votre clé publique a changé (FAQ officielle).
« J'ai perdu ma clé privée et je n'ai pas de sauvegarde » Perte définitive. Mailvelope ne stocke les clés que localement dans le navigateur : désinstallation de l'extension ou réinitialisation du navigateur = magasin de clés supprimé. Les anciens messages chiffrés deviennent illisibles pour toujours — c'est le principe même du chiffrement, pas un bug. Il n'y a pas de récupération possible : créez une nouvelle paire de clés, faites immédiatement la sauvegarde (5.3), et prévenez vos correspondants. La prochaine fois, la sauvegarde .asc sur clé USB n'est pas un luxe.
« J'ai changé d'ordinateur ou réinstallé mon navigateur » C'est le scénario prévu par la sauvegarde : réinstallez l'extension (5.1), puis réimportez votre fichier de sauvegarde .asc. Menu principal > « Porte-clés » > « Importer » > choisissez le fichier de sauvegarde. Saisissez votre phrase secrète quand Mailvelope la demande. Sans le fichier de sauvegarde, voir la ligne précédente.
« L'adresse du destinataire reste rouge dans l'éditeur » Rouge = Mailvelope ne trouve pas la clé publique de ce destinataire (ni sur le serveur de clés, ni dans votre porte-clés). Sans clé publique, pas de chiffrement possible vers lui. Importez sa clé publique (5.7), ou demandez-lui de faire ce tutoriel et de confirmer sa clé sur le serveur de clés (5.4). Vous pouvez aussi chercher sa clé : « Gestion des clés » puis « Recherche » interroge le serveur de clés de Mailvelope et d'autres annuaires (guide officiel).
« Mon correspondant ne peut pas lire ce que je lui envoie » Soit il n'a aucun outil PGP, soit il n'a pas la clé privée correspondant à la clé publique avec laquelle vous avez chiffré (FAQ : erreur « Aucune clé privée n'a été trouvée pour ce courriel »). Vérifiez avec lui : a-t-il bien importé SA clé privée (et pas seulement votre clé publique) ? Avez-vous chiffré avec sa clé publique à jour ? L'avez-vous invité à faire ce tutoriel ? En dernier recours, réexportez vos clés publiques et recommencez l'échange en vérifiant l'empreinte (5.7).
« Puis-je le faire depuis mon téléphone ? » Pas avec Mailvelope : la FAQ officielle le dit — « utiliser Mailvelope sur des appareils mobiles avec Android ou iOS n'est pas possible pour l'instant ». La même FAQ cite d'autres applications compatibles OpenPGP et met en garde contre les risques supplémentaires sur mobile. Faites le parcours sur ordinateur (5.1 à 5.6). Pour le mobile, lisez le paragraphe 5.8 : nous n'y déroulons aucun pas à pas non vérifié.
« Est-ce que Google peut lire mes e-mails chiffrés ? » Le contenu : non — Mailvelope chiffre avant l'envoi, et ce qui dort chez Google est stocké « sous forme chiffrée », illisible sans votre clé privée (FAQ officielle). L'enveloppe : oui — expéditeur, destinataire, date, taille, et l'objet, que Mailvelope ne chiffre pas (documentation officielle, section 3). Gardez la phrase exacte en tête : « Google ne peut pas lire le contenu de mes messages chiffrés, mais il voit l'enveloppe — dont l'objet ». Si l'objet doit rester confidentiel, ne le mettez pas dans le champ Objet : mettez-le dans le corps du message, qui, lui, est chiffré.
« Je reçois un e-mail chiffré alors que je n'ai pas encore d'outil » Sans extension ni clé privée, vous ne pouvez pas lire un message chiffré. Ce que Gmail affiche alors précisément n'est pas décrit par la documentation officielle de Mailvelope : nous ne l'affirmons pas ici. Installez Mailvelope (5.1) et importez votre clé privée (ou créez-en une nouvelle et demandez à l'expéditeur de vous réécrire avec votre nouvelle clé publique). Sans la clé privée correspondante, le message restera indéchiffrable.
« Gmail affiche une alerte 'Utilisation de l'API Gmail' et demande des autorisations » C'est normal à la première utilisation : Google vous demande d'autoriser Mailvelope à travailler dans Gmail (insérer le texte chiffré, envoyer, afficher pour déchiffrer). La FAQ officielle de Mailvelope explique ce que l'extension fait de ces accès, et son code source est public. Autorisez depuis le compte Gmail que vous utilisez avec Mailvelope. Ne saisissez jamais votre phrase secrète PGP dans cette fenêtre Google. Vous pouvez revoir ce réglage dans les options de Mailvelope (« Intégration dans l'API Gmail », FAQ officielle).
« Mon Gmail vient de mon employeur ou de mon école » La version gratuite « particuliers » de Mailvelope ne s'applique pas aux comptes fournis dans le cadre d'un abonnement Google Workspace : la documentation officielle renvoie vers une version « entreprise » payante. Ce tutoriel ne couvre pas ce cas. Si votre boîte professionnelle doit être chiffrée, adressez-vous à l'administrateur de votre organisation — c'est lui qui gère les outils autorisés.

8. Vous avez réussi si…

La série e-mails de ce site continue : les prochains guides — publiés, comme toujours, uniquement lorsque leur documentation sera vérifiée le jour même — approfondiront les adresses et les alias, puis les adresses e-mail temporaires. Vous savez maintenant chiffrer le contenu de vos messages sans changer de boîte : c'est une brique de plus pour vivre libre, même avec Gmail.

À ne jamais faire avec ce tutoriel. Ce guide sert à protéger le contenu de vos propres messages et de ceux que vous échangez avec des correspondants consentants — pas à contourner la loi. Sont exclus : tenter de déchiffrer le courrier d'autrui, usurper une identité (y compris en signant avec une clé qui n'est pas la vôtre), et utiliser le chiffrement pour masquer des activités illégales. Le secret des correspondances protège vos lettres contre les tiers ; il ne vous protège pas contre la loi si vous utilisez le courrier pour commettre une infraction. Le chiffrement s'utilise dans le cadre de la loi, pas en dehors.

9. Sources & vérification

Vérifié le 8 septembre 2026Re-vérification du jour de publication — documentation consultée le 7 septembre 2026 : centre d'aide officiel de Mailvelope en français (guide « Mailvelope pour particuliers : premiers pas » et foire aux questions), pages officielles Google (aide Gmail, français), pages officielles OpenPGP et GnuPG (anglais — pas de version française complète, mentionné honnêtement), Légifrance. Fiches stores officielles consultées le 7 septembre 2026 (Chrome Web Store, addons.mozilla.org France, boutique des modules Microsoft Edge).

Google — Gmail (page officielle, en français)

Mailvelope (documentation officielle, en français sauf mention)

Stores officiels (fiches consultées le 7 septembre 2026)

La norme OpenPGP et le logiciel de référence (pages officielles, en anglais)

Cadre légal

Périmètre de ce qui est affirmé : chaque citation et chaque libellé ont été lus le 7 septembre 2026 sur la page officielle correspondante (documentation Mailvelope en français pour l'essentiel ; pages OpenPGP et GnuPG en anglais, pas de version française complète — c'est dit, pas caché). Les étapes du pas à pas n'ont pas été exécutées par nos soins sur un poste de test : elles sont marquées « non testée — conforme à la documentation officielle du 07/09/2026 », et seront re-vérifiées le jour de la publication. Aucune version précise d'extension ou de navigateur n'est gravée dans ce tutoriel : ces numéros changent souvent et ne changent rien à la méthode. Ce tutoriel sera re-vérifié et re-daté à chaque changement notable de la documentation officielle.
Rappel : chiffrer ses propres e-mails est un usage courant d'outils libres et ouverts, légal en France et dans l'Union européenne dans le cadre décrit ici. Ce guide est pédagogique : il ne contient aucune incitation à l'usurpation d'identité, à la fraude, au harcèlement ou au contournement d'obligations légales — et il ne promet pas plus de protection que ce que les pages officielles décrivent.

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